L'énergie hydraulique, une énergie verte, est utilisée par l'homme depuis des millénaires : depuis les moulins à eau jusqu'à l'invention de la turbine hydraulique et des grands barrages hydroélectriques.

La production d'hydroélectricité en France est opérée par des particuliers, des collectivités locales ou des entreprises. La législation donne le droit à chacun d'exploiter une petite centrale hydroélectrique pour sa propre alimentation en électricité.

Les micro-centrales hydrauliques, aussi appelées mini-centrales ou pico-centrales, permettent de produire de l'énergie à petite échelle grâce à la force de l'eau. Contrairement aux grands barrages, elles ne retiennent pas l'eau, et peuvent être installées sur des torrents et des rivières.

Ces installations constituent ce qu'on appelle la PHE, ou Petite HydroElectricité, désignant des barrages dont la puissance est inférieure à 10 MW.

La PHE représente près de 90% des installations hydrauliques en France (dont DOM-TOM et territoires d'Outre-Mer), mais cela ne représente que 10% de la production d'hydroélectricité - les grands barrages disposant d'une très grande puissance en comparaison des petites installations.

Les micro-centrales hydroélectriques ont une puissance moyenne de 640 kW. A titre indicatif, la production en hydroélectricité d'une centrale hydraulique de 1 MW permet d'alimenter 630 foyers toute l'année. C'est donc une solution efficace et écologique pour les habitations situées à proximité d'un cours d'eau.

 

 Petites centrales hydroélectriques

 @Pixabay

Principe de fonctionnement d'une centrale hydroélectrique

L'eau emprunte une conduite, et son mouvement entraîne la rotation d'une roue ou d'une turbine combinée à un générateur, ce qui permet de produire du courant électrique continu.

Un onduleur permet la conversion en courant électrique alternatif, qui peut être directement utilisé, stocké dans des batteries ou envoyé vers le réseau.

C'est une énergie propre : l'eau passe à travers la centrale et en ressort intacte.

Toutefois, il faut s'assurer lors de son installation que la centrale respecte l'écosystème du cours d'eau : une passe à poissons permettant aux animaux aquatiques de franchir la centrale sans danger, et une grille filtrant l'eau en retenant les déchets garantiront une installation réellement écologique.

Gérer une micro-centrale hydroélectrique quand on est un particulier : la réglementation

On recense en France près de 2000 centrales hydrauliques (toutes tailles confondues), et environ 1300 appartiennent à des particuliers. Près de 40 petites centrales hydrauliques sont vendues chaque année.

Pour des installations de petite taille sur un cours d'eau, un particulier peut même envisager de construire lui-même son installation.

Toutefois, en France, la production d'électricité est réglementée. Les centrales hydroélectriques de petite taille - puissance inférieure à 150 kW - sont autorisées à condition d'avoir un accord par arrêté préfectoral. La demande doit donc être faite auprès du préfet.

 

Des lois visent également à réglementer l'usage des centrales hydroélectriques (liste non exhaustive) :

- loi du 15 juillet 1980 : aucune centrale ne peut être installée sur une rivière réservée ou classée ;

- loi du 30 juin 1984 : obligation pour toutes les installations à maintenir un débit réservé à l'aval du barrage ; la passe à poissons devient obligatoire dans certaines installations ;

- loi du 3 janvier 1992 : établissement de schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) par les agences de bassins.

D'autres lois définissent les limites et obligations du propriétaire du cours d'eau qui se doit de l'entretenir : enlèvement des débris et élagage de la végétation.

Le propriétaire est également tenu de laisser passer les agents mandatés par l'autorité administrative dans le but d'effectuer des mesures nécessaires à la surveillance du lieu.

 

Avant d'installer une centrale sur un cours d'eau, il est impératif de réaliser une étude de faisabilité, pour s'assurer de la rentabilité de l'investissement. L'ADEME a établi une liste de professionnels habilités à réaliser cette étude.

Une fois cette étude menée, il est nécessaire de déposer une demande d'autorisation administrative pour utiliser le cours d'eau, appelée "droit d'eau". Le droit d'eau est accordé pour une durée limitée d'environ 30 ans.

Il faut également se munir d'un permis de construire et d'une autorisation de travaux sur le cours d'eau considéré, en faisant la demande auprès de la Direction Départementale du Territoire. Ces procédures peuvent prendre jusqu'à 2 ans pour aboutir.

 

Gestion de l'électricité : autoconsommation ou raccordement au réseau

Un particulier peut gérer de manière indépendante sa micro-centrale hydroélectrique, et n'est pas obligé de se raccorder au réseau. Ce type d'installation permet donc l'autoconsommation.

Une micro-centrale hydroélectrique représente un investissement de départ important, qui peut varier de 2000 à 10 000 euros par kW. Un particulier peut bénéficier sous certaines conditions du Crédit d'Impôt pour la Transition Énergétique (CITE).

La durée moyenne pour amortir un tel investissement est de 20 à 30 ans.

Le propriétaire d'une micro-centrale hydroélectrique peut gérer l'électricité produite de deux façons :

- via l'autoconsommation : l'électricité produite répond aux besoins du propriétaire de la centrale ;

- via le raccordement au réseau : possibilité de revendre tout ou partie de l'électricité à EDF. Dans ce cas, EDF s'engage à racheter sur une durée de 20 ans l'électricité produite au tarif en vigueur au moment de la signature du contrat. Le propriétaire peut espérer revendre son électricité à un tarif d'environ 10 euros par kWh.

A l'heure actuelle, la revente de l'électricité d'origine hydraulique est peu avantageuse : en comparaison, le photovoltaïque se revend de 12 à 23 euros environs le kWh.

Dans le cas d'une habitation isolée à proximité d'un cours d'eau, le recours à l'autoconsommation peut être avantageux, permettant de contourner le coût élevé du raccordement au réseau.

 

Avantages :
Sur le long terme, coût de l'entretien quasi nul, durée de vie de 20 à 50 ans
Permet l'autoconsommation, avantageux dans les régions isolées et montagneuses
Inconvénient
Investissement initial coûteux
Raccordement au réseau pas forcément rentable

 

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